mercredi 22 juillet 2009

Celui qui avait quitté une forêt pour en retrouver une autre (21/07/09)

Aujourd’hui c’est le grand jour.. tout simplement parce que c’est le premier ! Le premier que j’ai passé sans entendre un mot de français, celui où je me suis perdu dans les rues de Washington, celui où j’ai dépensé mes premiers dollars (je sais pas si je devrais etre très fier de ça..), et celui où j’ai pu mesurer à quel point « DC », comme on dit ici, n’est pas une ville comme les autres.

La journée s’annonçait chargée, avec au programme toutes les petites formalités du genre banque, téléphone ou logement. Mais commençons par le commencement, à savoir le petit déjeuner J Les gens qui m’ont gentiment accueilli chez eux s’appellent Beth et Jon, et on peut difficilement trouver plus gentils. Pour le petit dej, des litres de café m’attendent ( oui, les cafetière américaines, de même que les réfrigérateurs ou les cookies sont énormes ), accompagnés d’English muffins, qui ne me font même pas regretter la French baguette. C’est tellement bon que je passe à peu près 1h à manger, tout en discutant avec Beth de la crise, d’Obama, de l’Iraq ou de Jacques Chirac ( qui n’est pas le mari de la « beautiful little singer », mais qui n’a rien à lui envier non plus ). Pour le coup, on est a des années lumières de ce qu’on a eu l’habitude de penser de l’Amérique et des américains. D’abord, ici aussi il y a le tri sélectif, et ça ne rigole pas. Ensuite, tout le monde a sa petite mangeoire à oiseaux sur sa terrasse, et la porte du jardin n’est jamais fermée. Beth m’explique qu’en 2004, au moment de la réélection de George Bush, elle est allée à Cleveland, dans l’Ohio pour comprendre ce qu’il se passait, et pourquoi les gens, « malgré tout », continuaient de voter pour W. La raison selon elle, est à peu près la même que dans tous les pays du monde : l’impression que de toute façon, son vote ne changera rien au problème et que la politique est une question trop lointaine pour qu’on s’y intéresse. A mon avis, ce n’est pas la dernière fois que j’entendrai « Now, with Obama… ».

Ensuite, je suis censé faire une liste de tout ce que je mange, pour alimenter le réfrigérateur ( ils ont vraiment peur que le mal du pays me fasse mourir de faim ..), et c’est parti pour un petit tour de Washington. Quand je dis Washington pour le moment, c’est essentiellement l’axe qui va de Chevy Chase dans le Maryland, à Georgetown, plus au sud. En fait, tout le long de Wisconsin Road, l’équivalent de Broadway à New York. C’est pas trop compliqué pour se repérer, dans la mesure ou les rues horizontales sont nommées par des lettres, et les rues verticales, par des chiffres. Le seul problème, c’est les ronds-points et les rues en diagonale, celles là portent des noms d’Etats…

Georgetown, c’est donc le quartier de l’université qui porte le même nom, des ambassades, et des arbres. En fait la verdure est partout et pour le coup, on est encore à des années lumières de l’image qu’on a des grandes villes américaines où tout ce qui pousse en hauteur, ce sont des buildings. De toutes façons ici c’est pas compliqué, c’est interdit de construire un bâtiment plus haut que le Capitol ! Du coup cette partie de la ville est super agréable, et très, TRES boisée. J’en ai profité pour me promener un peu en début d’aprem dans Georgetown, malgré la chaleur. Et toujours la même impression : celle d’un quartier agréable, aéré, (presque) paisible. D’un coup d’œil furtif, mais avisé, je repère 2-3 Starbucks, et quelques coins qui m’ont l’air sympathiques. Je rentre au hasard dans un centre commercial rempli de petits escaliers, de fontaines et de plantes qui me font plus penser à un décor de Mary Poppins qu’à Euralille. Au rez de chaussée, il y a un grand piano blanc, quelques tables et quelques chaises, ça donnerait presque envie de s’arrêter sans se soucier du prix du Coca. Il faut que je retienne cette adresse, qui doit être quelque part sur M Street.


A force d’errer et de regarder les devantures des boutiques, je me rends compte que je ne suis absolument pas sur la bonne route, pour la simple et bonne raison que je dois aller à l’est vers Dupont Circle pour prendre le métro, alors que je suis en train de remonter de l’autre coté. Je sors alors ma carte de touriste et coupe à travers un quartier résidentiel ( un de plus ), plus précisément Q street. J’arrive enfin à Dupont Circle, ou je prends le métro pour la première fois. C’est assez impressionnant, d’abord c’est à au moins 100m sous terre, et c’est assez sombre, mais très classe. Le métro est hyper climatisé, et les sièges, molletonnés. En même temps, pour le prix ( 2,5 à 3$ en moyenne ), ils peuvent bien ça ! C’est aussi assez rapide ( 15min entre Dupont Circle et Bethesda, qui sont tous les deux sur la ligne rouge, qui fait une sorte de « U » au milieu de la ville ), et en un rien de temps je me retrouve de nouveau à Bethesda ( Chevy Chase ), où je dois ressortir ma carte pour arriver à bon port.

Je suis tellement crevé que je m’étale pendant bien une heure sur mon lit, essayant vainement d’écrire ce que je viens de faire. J’ai aussi beaucoup de mal à garder les yeux ouvert en mangeant, et à 21h30, montre en main, je dors ! Mes missions de la journée sont donc en grande partie reportées : pas de téléphone, pas de compte, et pas de logement. En même temps je sais pas pourquoi, mais j’ai pas trop envie de me presser en fait ! C’est pas tous les jours qu’on a la chance d’errer dans une « ville-forêt ». Ma résolution de la journée : apprivoiser un écureuil que j'appellerais Sarah.

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