Aujourd’hui étant censé être mon dernier jour officiel de vacances, je me dis qu’il serait dommage de passer la journée à lire mon guide, ou à glander. C’est donc avec entrain (oui, entrain !), que je brave les 35degrés qu’il continue de faire, malgré l’orage de la veille, et que j’explore « the Trail », une espèce de chemin pour piétons et vélos, qui va de Bethesda à Georgetown au sud, et qui remonte dans le Maryland au Nord. Comme la route du sud, je l’ai déjà faite, et que je la referai pas mal de fois en bus, je vais vers le nord.
C’est franchement agréable, il n’y a pas grand monde, et le chemin est vachement ombragé, de quoi rouler tranquille pendant des km. Enfin des miles. Je traverse Chevy Chase, et j’arrive à Rock Creek, à la jonction entre The Trail qui va d’ici à Georgetown, et un autre « trail », qui s’appelle Rock Creek d’ailleurs. A la différence du premier, le second n’est pas plat, et passe à travers Rock Creek Park, une espèce de foret escarpée ou il fait encore plus frais. Je m’arrête au dessus d’un petit pont pour reprendre mon souffle et boire un peu (et prendre une photo..), et là, qu’est ce que je vois ? Une biche, en plein milieu de la « route », qui me regarde comme si elle voulait me barrer le passage. Du coup je prends mon arc, je la vise en la regardant dans le blanc des yeux (a supposer que les biches aient un blanc des yeux), et je tire. Enfin plus précisément, je sors en vitesse mon téléphone de ma poche, arrache les écouteurs, et essaye de la prendre en photo. Seul problème : en arrachant, la musique se met à hurler, et la biche, à courir. Heureusement, pas dans ma direction, mais j’arrive à en prendre un bout avant qu’elle ne disparaisse dans les bois. C’est le petit bout marron clair qu’on voit sur la photo, mais je vous assure qu’en vrai, c’était plus impressionnant ! J’en ai déduit au passage que contrairement aux cochons, les biches n’aiment pas Pink Floyd (bien que précisément, et c’est vrai en plus, l’album que j’écoutais s’appelait Animals), et ce qui permettra aux mauvaises langues qui n’aiment pas les petites villes américaines paisibles et boisées d’avoir raison : oui, il y a des biches ! Et même des écureuils, comme j’ai eu l’occasion de le vérifier quelques minutes après.
Bref, il ne manquait plus que les petits oiseaux qui chantent, et le tableau était complet. Remis de mes émotions, je pédale jusque Silver Spring, avant de me rendre compte que je suis perdu, et que je suis obligé de rentrer par la route, où apparemment je ne suis pas le seul à faire du vélo. Sauf que tout le monde a le maillot de l’US Postal, et que c’est plus classe que mon polo Reebook..
Un peu fatigué, et avec les jambes lourdes, je rentre donc deux heures plus tard, juste le temps de prendre une douche, de me reposer un peu (et de regarder sur comment on dit « biche « en anglais), et on part au cinéma. On va voir « In the loop », un film vraiment génial, qui raconte l’histoire d’un ministre anglais un peu nul, qui est embarqué dans une bataille diplomatique entre des généraux américains pour, et contre une intervention militaire quelque part au Moyen Orient. C’est à la fois très drôle, et très vrai, puisque un camp, pour la guerre, manipule les médias, et fait dire aux documents des service secrets, a peu près ce qu’il veut, et le deuxième, s’appuie sur ce ministre, lui-même manipulé par son chef de la communication. Bref, c’est très dur à raconter, mais c’est vraiment cool ! Ca donne aussi l’occasion de se rendre compte que comprendre l’accent anglais, c’est pas pareil que de comprendre l’accent américains. Les acteurs sont vraiment bons, en particulier le chef de la comm, très vulgaire et un peu autoritaire. Bref, toute ressemblance avec des évènements ayant eu lieu est fortuite (le secrétaire d’Etat Américain ressemble quand même beaucoup à Ronald Rumsfeld, le ministre, qui finalement, démissionne après que la guerre soit approuvée par le Conseil de Sécurité, à l'ancien ministre anglais qui a lui même démissioné, etc). Seul truc : la caricature de celui qui est censé être Alastair Campbell, le chef de comm de Tony Blair en son temps, c’est pas vraiment ça... Mais bon, rien n'est jamais parfait ! Je sais pas du tout si le film est sorti en France, mais il vaut vraiment le coup ! Ils pourraient juste sous-titrer les insultes, même pour les Américains c’est un peu dur !
Et voila comment on rempli son dernier jour de vacances. Demain, chemise, cravate et costume, les « 3C » en comme. Et dire qu’il est encore censé faire plus de 30, youpi !
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