Rien de tel qu’un ciel bleu, et 35°C dehors (au moins 90 en fait) pour décider d’aller explorer la ville en vélo, avec un casque sur la tête et de la musique dans les oreilles. Enfin rien de tel, c’est quand même juste un peu chaud. Je pars vers 11h, un peu optimiste, et me heurte assez vite à la première difficulté du « parcours » : les feux rouges. J’en ai déjà un peu parlé, le problème ici, c’est que les rues forment un espèce de quadrillage, ce qui veut dire grosso-modo, qu’a chaque intersection, il y a un feu rouge. Alors même si Wisconsin avenue est une grande..avenue, les feux rouges, ça dure longtemps. La deuxième difficulté, c’est que Washington n’est pas construite sur une colline, mais sur DES collines (« un piédestal en attente d’un monument » aurait dit, très modestement l’urbaniste et architecte, français, qui a dessiné la ville). Ca monte, ça descend, puis ça remonte et ça redescend tout le temps.
Ca n’empêche que c’est plutôt agréable de se balader en vélo à peu près tranquillement dans la capitale des Etats Unis. En descendant tout Wisconsin Avenue, du Maryland à Georgetown, on arrive sur les berges du Potomac, avec la Virginie et Arlington juste en face, et là encore, c’est vachement agréable. Seul truc : l’aéroport pour les vols nationaux, Ronald Reagan Airport est lui aussi, juste en face, ce qui veut dire qu’environ toutes les 3 secondes, un avion décolle ou atterri de l’autre coté de la rive. Pour rentrer, je remonte tout ce que j’ai descendu, et redescend tout ce que j’ai monté, en faisant un petit crochet par Reservoir Road, et l’ambassade de France (un de ces jours, il va bien falloir que j’y aille, donc autant connaitre la route !). Résultat, il fait toujours 35degrés, et j’ai très chaud/soif.
J’ai à peine le temps de me reposer en rentrant, que je dois repartir pour visiter un appart que j’ai trouvé la veille. Comme j’arrive en avance, je monopolise un fauteuil au Starbucks pendant 45min, et je profite de la connexion pour regarder le meilleur remède au mal du pays (et même quand on a pas le mal du pays d’ailleurs) : François l’Embrouille. Je ne sais pas si il existe un équivalent ici, je ne sais pas non plus ce que ça donne, l’américain avec un accent belge, mais ça marche, puisque je me marre comme un con en buvant mon café et en mangeant mon Marshmalow square... A ce propos, je tombe par hasard sur le making of de Dikkenek (peut etre « le » meilleur film du siècle dernier) que je n’avais jamais vu. Voila pour la parenthèse Belgique, ça valait le coup de le mentionner !
C’est décidemment une journée sans temps morts : à peine rentré, je repars, direction Chinatown (oui, il y a aussi un Chinatown à Washington, comme dans à peu près toutes les villes américaines en fait..), pour aller voir une pièce de théâtre avec des amis de Lauren
et Nora, qui m’a fait visiter Georgetown mardi. Chinatown, ça a l’avantage d’être sur la ligne rouge, celle qui passe à Bethesda, mais que je n’avais jamais prise un samedi soir, jour d’un match de baseball de surcroit. Résultat, c’est la cohue, et c’est la première fois que je vois le métro bondé à ce point. Je ne sais pas pourquoi, mais il est étrangement lent, et je mets quasiment 45min pour faire les 7stations entre Bethesda et Chinatown. J’arrive pile poil à l’heure pour la pièce de théâtre… et quelle pièce ! C’est une espèce de performance, très bizarre, presque incompréhensible par moments, mais très marante. Deux personnes discutent du sort d’un bébé, tout en
parlant à une classe imaginaire, d’astronomie, de médecine.. Oui, je l’ai dit, c’est incompréhensible ! Mais franchement
, c’est très drôle, et pour ma première pièce en anglais, c’est quelque chose !
En sortant, dans Chinatown (qui ressemble déjà plus à une ville américaine, avec pas mal de lumières, pas mal de gens, de restaurants, et de grands bâtiments, dont la National Portrait Gallery qu’il faudra que j’aille voir), on se met à la recherche d’un restaurant, justement. Seul problème, je n’ai pas d’ID, et qui dit pas d’ID dit, on ne rentre pas. Du coup on est plus ou moins obligés de se rabattre sur un fast food de luxe, où on peut choisir le poids de son hamburger ( de 250g à 600g, et oui !). Personnellement, je choisis le plus léger, et j’ai du mal à le finir : c’est le plus gros hamburger que j’ai jamais mangé, à se demander si les dimensions de la bouche d’un américain sont les mêmes que celles d’un européen.
Avant de repartir, les amis de Lauren et Nora veulent a tout prix rentrer dans un bar qui se trouve pratiquement devant la sortie de métro. Je suis sceptique, n’ayant ni carte d’identité, ni passport sur moi. « Faut toujours avoir une carte d’id
entité sur soi hein, craque dedans sinon » ! Mais on arrive à rentrer, et on s’assoit au bar. Et bien sur, c’est le jour qu’ils choisissent pour m’expliquer qu’aux Etats Unis, il n’y a pas que de la Bud Light, mais qu’il y a aussi de la bonne bière. Même si je ne les crois pas trop, voire pas du tout, je n’ai pas les moyens…légaux de leur prouver le contraire. Tout le monde commande donc une bière, sauf moi qui me contenterais d’un Coca. Puis je décide d’y aller au bluf, et d’expliquer au barman, avec un accent français que même les français auraient du mal à faire, que chez nous, on n’a pas d’ID, juste des passeport, et qu’il est imprudent de se promener avec. Le barman hésite, puis me dis « you’re French, that’s right », ce qui signifie d’après le ton qu’il a eu, « vous êtes un peu con, mais bon, on vous pardonne ». Et j’arrive à boire une bière sans ID, une Blue Moon, comme il parait qu’elle s’appelle, et franchement c’est vrai, elle n’est pas mauvaise ! Ceci dit le verre est assez énorme, et j’ai du m’accrocher pour le finir, après le hamburger gigantesque que j’ai avalé.
Vers 21h30, l’heure à laquelle les bars se vident, je me décide à reprendre le métro, et bien sur, c’est à ce moment qu’un orage de malade, un deuxième, éclate. Résultat, je rentre complètement trempé, mais content de ma soirée!

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