Ce matin, de bonne heure, et de bonne humeur, je sors et prends la direction du métro. Il fait très gris, encore lourd, un temps très orageux et ça ne m’étonnerait pas qu’il tombe un énorme truc dans le courant de la journée. Il fait sombre, beaucoup plus sombre que les jours précédents, et le vent vient rappeler que l’été est presque fini, et que l’automne approche à grands pas, changement radical ! J’écoute toujours en boucle les Arctic Monkeys dont je ne me suis toujours pas lassé, puisque c’est un des derniers groupes de pop qui marche, qui tient le coup, avec U2. Pourquoi cette remarque ? Attendez la suite.
Absorbé par Alex Turner, je ne fais pas attention que quelque chose à changé dans le paysage. Un regard en haut des tours, et je suis interloqué. Puis je redescends les yeux, et là c’est pareil : aucun des drapeaux n’est hissé complètement, tous sont en berne. Or les drapeaux, ici ça ne manque pas. En haut du Marriott, à l’entrée du métro, sur Wisconsin Avenue, aucun ne flotte au vent, certais sont même complètement retirés. La mort de Ted Kennedy a vraiment fait un choc ici. Toutes les petites machines qui
distribuent le journal montrent la même une : un cercueil recouvert d’un drapeau, et une phrase : « The lion will no longer roar ». Le lion ne rugira plus, et le lion est amèrement regretté, en particulier au beau milieu d’une réforme de santé dont il était un ardent défenseur. Comme je me dis que le journal sera collector, je cherche 75 cents dans ma poche pour mettre dans la machine et acheter le Washington Post. C’est la première fois que je les utilise, ça me fait quelque chose !
Des pages et des pages sur Ted, sa famille, son accident de voiture dans laquelle sa secrétaire est mort, sa candidature à la présidence et ses 47 ans au Sénat, tout est résumé, décortiqué. Et pourtant, après vérification, rien ou presque sur le site du monde.fr, juste un petit article de rien du tout qui rappelle qu’il était le dernier frère Kennedy. France2 y passe plus de temps, heureusement. Dans le reste du journal, pas grand-chose, Barack est toujours en vacances, tout comme le Congrès jusqu’au Labour Day le 7, tout est en standby. Ben Bernanke a été reconduit à la tête de la Fed, ça mérite d’être noté. Ou pas.
Puis la journée se déroule, presque paisiblement. 387 pages d’un contrat entre General Motors et le Trésor Américain à lire, analyser,
synthétiser et comprendre, quelques post-it de plus à coller sur ma carte géante des Etats Unis (Sarah Palin en Alaska, on l’avait oubliée celle là !), un pot de départ pour Christophe et Kinga qui sont les énièmes à partir ce mois-ci. Les couloirs sont de plus en plus vides, en attendant les nouveaux ! J’ai aussi passé 15 minutes à recevoir les instructions très précises de Cameron (le seul américain du service) pour arroser ses plantes. Il part en vacances et je lui ai gentiment proposé de veiller sur ses orchidées, mais c’était sans compter sur la complexité énorme de la tache : quelques goutes deux fois par semaine pour celle là, la moitié de l’arrosoir pour elle. Il a vraiment l’air d’être amoureux de ses plantes, c’est très marrant. Comme si s’éloigner une semaine de son trésor de guerre lui donnait des sueurs froides ! Mais j’y veillerai et irai en prendre soin tous les jours !
Aujourd’hui a été aussi l’occasion d’une prise de conscience. Des lecteurs avisés m’ont fait remarquer que mon blog n’était pas à la pointe de l’orthographe et de la grammaire. Bien sur c’est la honte pour moi et il n’y a pas vraiment d’excuses, mais plutôt une raison : j’écris parfois dans un état d’épuisement avancé (n’exagérons rien..), et je fais plus attention à ce que je raconte qu’à la manière dont je l’écris. Donc à partir d’aujourd’hui je promets de faire attention, et d’écrire correctement ! "Asociales", ça n’existe pas au masculin ! Voilà, c’est dit…
La fin de la journée arrive donc assez vite au final. Et l’info de la fin de la journée, vient d’outre Atlantique. Mon « outre Atlantique », ce qui est inversement proportionnel à celui de ceux qui vivent de l’autre coté de l’océan. Compliqué ! Bref, Oasis n’existe plus. Oasis, ça n’avait jamais été la grande entente, c’est peu de le dire, mais Noel et Liam Gallagher n’avaient jamais fait leur Amy Winehouse jusqu’à présent. Sauf que Noel et Liam viennent de se battre dans les coulisses de Rock en Seine, d’annuler le concert, et de dissoudre leur groupe. Voila pourquoi les Arctic Monkeys, parce qu’ils sont jeunes, et U2, parce qu’ils sont grands, font partie des derniers des Mohicans. C’est triste, mais quelque part, c’est ça le Rock ! Et puis quand on leur annoncera ce que ça coute, d’indemniser 30 000 personnes venues pour vous écouter ( ayons une pensée pour Christophe qui en faisait partie..), ils se diront que ça fait cher de la droite. « Don’t look back in anger » s’adresse peut être à eux, avant tout. Bref, tout fout le camps !
Bon, Ted, Oasis, ok, c'est triste mais la vraie disparition, celle qui fait pleurer, celle qui te donne envie de crier "oh injustice", c'est celle de René des musclés... hé ouais mon pote, on n'en parle pas assez. Qu'il repose en paix!
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