samedi 1 août 2009

Celui qui s'asseyait sur son telephone (1/08/09)

C’est en train de devenir une tradition, qui s’arrêtera vite j’espère, mais il est encore question de l’état du métro aujourd’hui. Et aujourd’hui, c’est le pompon. Ayant passé toute la matinée sur craigslist à chercher un appart qui finira bien par venir (15 mails envoyés pour 2 réponses, le rendement commence à augmenter), je me décide, en milieu de journée à aller explorer un quartier de Washington que je n’ai même pas encore aperçu : le Washington Monument, et la Maison Blanche. Un beau programme en perspective, mais encore faut il y arriver !

Je pars donc plein d’entrain, mon appareil photo à la main, pour prendre le métro qui est censé me déposer à Farragut North, la station de métro la plus proche du Mall, l’espèce d’esplanade gigantesque qui va du Congrès au Lincoln Memorial, en passant par le Washington Monument, et la Maison Blanche. Je prends même le temps de prendre quelques photos sur la route, notamment de la station de métro ou je me retrouve tous les matins et tous les soirs depuis une semaine maintenant. Voila, Bethesda c’est ça, avec ses petites boites à journaux, son intérieur tout en sobriété, son ascenseur gigantesque… Bethesda, ou je me trouve coincé, cette après midi, car je ne le savais pas, mais le samedi c’est le jour où ils font des travaux pour éviter que deux métros ne se rentrent dedans. Et quoi de mieux, pour éviter que deux métros ne se rentrent dedans, que de les faire rouler sur les mêmes voies ? On appelle ça le « single tracking » : au lieu d’affecter une voie à chaque sens, on attend qu’un métro ait fait le trajet sur toute la ligne (25 arrêts) pour le faire repartir dans l’autre sens, et libérer la voie d’a coté pour y détecter les bugs et les réparer. Pourquoi ne pas faire ça la nuit ? Parce qu’il fait noir. Dans le métro ça ne change rien ? Peut etre… Toujours est-il que quand je descends, le panneau d’affichage dit « Due to repair operations, no train on this platform, see opposite platform ». Et effectivement, sur le quai d’en face sont inscrit les deux directions opposée, Shady Grove et Glenmont. C’est celui pour Glenmont qui m’intéresse, et ça tombe bien parce qu’il arrive dans 5 minutes. Pour un jour ou les métros ne roulent que sur une voie, je suis plutôt chanceux. 1 minute après, c’est finalement dans 7 minutes. Et c’est comme ça chaque minute pendant 20 minutes, si bien qu’après 25 minutes d’attente, le métro est censé arriver dans 54 minutes. Hum… Un métro arrive finalement, mais dans l’autre sens, faux espoir ! J’ai tout le temps d’analyser ma carte et de dans quelle direction est la Maison Blanche. J’aurai attendu 45 minutes au final, avec 150 personnes qui auront eu la même idée que moi : prendre le métro le samedi après midi. Et dire que j’ai failli y aller en métro !

N’allez pas penser que je fais une fixation sur le métro, ou sur le bus, mais j’ai l’impression que je suis arrivé au pire moment, et que je repartirai trop tôt pour que ça ne change significativement… La bonne nouvelle c’est que du coup, ils balancent tout en heures creuses et que ça coute moins cher ! Je finis par arriver à Farragut North, en plein sur Connecticut Avenue. C’est le fameux quartier beaucoup plus rempli, et beaucoup plus haut, où toutes les grandes entreprises de Washington ont leurs bureaux (notamment les journaux, les lobbies, les avocats…). C’est toujours très vert, mais rien à voir avec Georgetown (qui finalement me fait de plus en plus penser à un Notting Hill plus boisé). Le coin est bourré de Ministère, encore d’Ambassades, il y a la Banque Mondiale, le FMI, pas loin il y a aussi le Watergate Complex, le bâtiment qui a donné son nom au scandale puisque c’est là que Nixon a fait placer des micros pour y écouter les Démocrates qui y étaient installés… Bref, un concentré comme il n’en existe nulle part ailleurs (à part peut être Bruxelles et Genève), de pouvoir, de réflexion, de négociations et … de touristes. Pour la première fois depuis que je suis arrivé, je croise des bus, des vendeurs de hot dog, de casquettes, de T-shirt, le tout à l’effigie d’Obama ( pas les hot dog je pense, quoi que…). Je tombe même sur la boutique de souvenirs du jour de l’inauguration de Barrack : oui oui, ça existe, ils vendent des tasses, et on peux même se faire prendre en photo dans un bureau ovale en carton avec des statues, elles aussi en carton de Barrack, Michel, Sasha et Malia Obama. Et il y a la queue pour y rentrer ! Une autre boutique juste à coté, vend des magnets « Proud to be Democrat », des posters, et tout au fond, sur une petite étagère, des stickers « vote Mc Cain ». Ceux là, ils sont en soldes ! C’est tout ce qui restait des stocks de la campagne Républicaine. Je me dis que c’est peut être le moment d’acheter ma tasse, mais à 14$, on repassera !

Puis j’arrive dans une espèce de grand parc, avec une piste qui en fait tout le tour : l’Ellipse. Pas mal de gens sont allongés dans l’herbe, d’autres se promènes, ou courent. Un Central Park Washingtonien, sans les buildings autours, ni de mémorial à John Lennon. C’est là que surgit, de derrière les arbres, un énorme, gigantesque obélisque : le Washington Monument. On se rend compte en face, que la place de la Concorde, c’est franchement pas grand-chose, et que les Américains voient toujours les choses en grand. Ce qui est marrant, c’est que de la base au sommet, elle n’a pas la même couleur. L’explication, c’est qu’elle a été débutée au début de la deuxième phase de construction de Washington en 1848, et qu’elle a été stoppée 6 ans plus tard, faute de moyens. Le problème c’est qu’en 1880, quand on s’est rendu compte qu’un obélisque coupé en deux, c’était un peu ridicule, il ne restait plus de marbre blanc dans les carrières aux alentours. D’où les tons un peu plus roses au sommet. Et il parait qu’au coucher de soleil, c’est vachement beau.

Oui mais il n’est que 16h, donc c’est raté. Après m’être un peu promené aux alentours, je ressors ma carte pour trouver ce que je suis venu voir : la Maison Blanche. Ca tombe bien, parce qu’elle est juste derrière moi, là ou un groupe d’à peu près 200 personnes se pressent derrière des grilles. Et voila, c’est là, derrière un ridicule grillage encore moins haut que la grille de Downing Street, après un petit parc où la pelouse est très bien coupée, et les haies très bien taillées, derrière une fontaine, et certainement, quelques rangées de caméras cachées dans les buissons. Certes, c’est très imposant, mais pas si éloigné que ça. Et effectivement on ne m’avait pas menti : elle est bien blanche ! Bon sérieusement, c’est assez impressionnant quand même, et même si je dois vite laisser ma place à un groupe de japonais qui débarque d’un bus, je ne regrette pas d’être venu. Par contre juste un truc : pendant longtemps j’ai cru que tous les journalistes du monde entier qui parlaient en direct de Washington, un peu en surplomb de la Maison Blanche, avaient tous loué la même chambre d’hôtel juste en face du parc. Mais après vérification, cet hôtel n’existe pas, et à moins d’être suspendu à un hélicoptère, c’est pas possible ! Voila, c’était juste une mise au point.

Le seul hôtel en fait, proche de la Maison Blanche, est légèrement sur le coté, et s’appelle, ironie du sort, le « W ». Aucun lien avec l’ancien locataire de la maison d’à coté je pense, mais avouez que c’est un peu malvenu.. Bref, fatigué par cette longue marche, je m’assois à la terrasse d’un café, ou pour la première fois, en dehors de l’ambassade d’Allemagne, et de l’Ambassade de France, j’entends parler français. En fait je ne sais pas si ça me fait plaisir ou pas, mais ça confirme au moins que je suis dans l’un des quartiers les plus touristiques de la ville. J’en profite pour reprendre des forces, puisque 15 minutes après, je traverse tout d’est ou ouest, pour retourner vers georgetown. Je repasse devant la Maison Blanche, le Treasury Department où Timothy Geithner doit certainement réfléchir à comment réformer le système de santé, la National Geographic Society qui arbore, elle aussi, une énorme affiche du film Home, de Yann Arthus Bertrand (va savoir pourquoi..), etc…

Sur le chemin du retour, je suis tellement content de trouver un bus rapidement, ET une place assise, que je me rue sur le siège, et m’y affale comme si je ne m’étais pas assis depuis 2 jours. Sauf que.. sauf que j’avais mis mon téléphone dans ma poche arrière parce que je trouvais ça plus pratique, et que maintenant, quand je l’allume, il y a un énorme point noir au milieu, et de la lumière blanche autours. Alors à moins que ça soit une apparition, ou à moins que les Nokia aient une fonction GPS version Lune, il est un peu HS. Et c’est qui qui va devoir courir un dimanche chez T Mobile pour leur expliquer qu’il faut me le changer ?

PS : la phrase du jour, qui m’est venue devant la National Geographic Society : « quand Yann Arthus Bertrand se blesse, il coule de la sève ».

PS2 : pour ceux qui seraient choqués par « un » obélisque, c’est ce que me dit Word, c’est pas moi ! Et puis c’est moins grave de se tromper la dessus que de ne pas savoir ce qu’est un calamar.


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