dimanche 11 octobre 2009

Celui qui était bluffé par l'Art Institute (11/10/09)

Ce matin, bizarrement, toute la ville est en effervescence, et plein de gens habillés avec des kway bleus sponsorisés par Bank of America peuplent les rues. Bizarre, surtout qu'il fait en dessous de zéro et que c'est plutôt un jour a porter des gants et une doudoune que ce type d'accoutrement. Bizarre, pas tant que ça, parce qu'aujourd'hui on est le 11 octobre, et comme tous les 11 octobre a Chicago, c'est le jour du marathon. Et effectivement, malgré la température glaciale, et le vent qui s'engouffre partout, le marathon est un énorme succès : toutes les rues de l'auberge au loop sont quadrillés, et des milliers de personnes qui ont l'air de souffrir, malgré les encouragements qu'hurlent les organisateurs dans les micros. C'est a mi chemin entre la course a pied et un concert, c'est du grand spectacle !

Une seule question vient a l'esprit dans ce genre de situation : pourquoi ? Pourquoi aller courir 42 km dans le froid alors qu'on est dimanche et qu'on pourrait être tranquillement en train de dormir ? Pas de réponse. Surtout que le spectacle post marathon est édifiant : des dizaines, voire des centaines de coureurs jonchent les rues en boitant et en s'appuyant sur les gens venus les encourager pour rentrer chez eux (véridique!) Tous arborent fièrement leurs médailles, mais certains sont bleus a cause du froid, d'autres sont assis par terre, perdus. Une vraie hécatombe dans toute la ville.

Nous mêmes un peu bleus de froids, nous décidons de faire une petite pause petit-dej au starbucks, puis de nous diriger vers le Lincoln Park ou se trouve la statue en l'honneur d'Abraham, et surtout le Chicago History Museum qui retrace l'histoire de la ville. Manque de bol, le musée ouvre a 12h le dimanche, et il est 10h45. Pas le temps, ni le courage d'attendre 1h45 dans le froid. On se rabat donc sur un autre musée plus au sud, plus a l'intérieur du Loop : le Art Institute. Ce sera rétrospectivement la meilleure décision de la journée.

Rien qu'architecturalement, l'Art Institute vaut le coup d'oeil : planté au milieu de Millenium Park, on peut y accéder par une petite passerelle qui conduit au sommet, ou par l'entrée principale sur Michigan Avenue. Il est situé juste en face du haricot géant en acier, et des murs d'eau qui projettent des portraits. L'intérieur est immense, tout blanc, très moderne. Il est tellement bien que j'y serai resté presque 3h30 (bon OK, avec la température qu'il fait dehors, c'est tentant...).

Il y a absolument tout dans ce musée : de l'art moderne, de l'architecture, de la peinture plus classique, de l'impressionisme, ou de l'art contemporain. Comme si on avait pris quelques unes des plus belles œuvres du musée d'Orsay, du Louvres, et du MoMA pour les mettre ici. Comme d'habitude, l'art contemporain me parle moyennement : soit j'aime bien, soit j'aime pas, soit je trouve ça impressionnant soit je trouve ça bateau, mais je ne serais jamais dire pourquoi. Certains tableaux ne resteront pour moi qu'une tache de peinture dont le côté exceptionnel est lié au fait qu'il soit accroché au mur de l'un des plus grands misées du monde et que des gens soient prêts a payer très cher et a attendre très longtemps pour les voir. Bien sur, je prends le problème a l'envers et je dois certainement horrifier les amateurs d'art moderne mais voilà, il y a certaines choses que je ne saisi pas. Un carré Orange sur un fond jaune c'est beau, mais ça ne remet pas fondamentalement ma vision du monde et de la beauté. Ce n'est même pas que j'aime bien, c'est que je ne trouve pas ça affreux. Mais ça ne me transcende pas. En revanche, des que ça devient un peu expérimental, que ça quitte le domaine de la peinture pour entrer dans celui, très mélangé, de la photo, de la sculpture, la éventuellement ça m'interpelle.

Mais prenons les choses dans l'ordre. Après la peinture moderne se trouve l'aile de l'architecture. La c'est pas compliqué, je redeviens un gamin devant les plans, maquettes et esquisses en me disant qu'il fut un temps, j'aurais pu essayer de dessiner ce genre de choses. Rien de révolutionnaire, juste des dessins d'une technique incroyable, des maquettes qui émerveilleraient le moindre enfant. C'est décevant parce que la partie architecture n'est pas bien grande, mais elle vaut le déplacement. Directement après l'architecture se trouve l'impressionisme, de loin ma partie préférée du musée.

Petite précision : a partir de cette aile du musée je suis tout seul car Patrick doit aller a l'opéra (ce que ne peux pas faire n'étudiant pas aux Etats-Unis et ne pouvant pas bénéficier de la réduction de 90% sur les tickets). Je peux donc expérimenter la visite du musée en musique. Je suis persuade qu'on ne voit pas les œuvres de la même manière en fonction de ce qu'on écouté pendant qu'on les regarde. J'en étais persuadé, mais a partir d'aujourd'hui j'en suis sur. Je me suis aussi rendu compte que les Pink Floyd se prêtaient très bien a l'impressionisme. Et grâce aux Pink Floyd, ou aux tableaux en eux-même, ou aux deux, je suis resté planté devant deux tableaux de Monet : la collection des ballots de paille (oui, il y a une collection des ballots de paille, de 15 tableaux déclinés par saison et luminosité), et la série de la vue du Westminster Bridge et la House of Parliament. Bizarrement les deux se ressemblent, avec cet espèce de brouillard bleuté qui rend la moindre scène mystérieuse. Je préfères même ça aux champs de coquelicots. Et cette fois ci je sais pourquoi.

Puis comme je commence a avoir faim, jarreté la la visite et part a la recherche de quelque chose a manger. Quoi de mieux qu'un McDo? Dans le coin, pas grand chose ! Après le McDo je m'embarque dans une marche de 3km vers le nord (comme s'il ne faisait pas assez froid...), vers le Navy Pier, un embarcadère qui sert de fête foraine, de musée des enfants (si!) et de plein d'autres choses. J'y vais suroit parce que la vue qu'on a de Chicago tout au bout du Pier est géniale. Et en effet, je n'en peux plus quand j'arrive, mais ça vaut le coup. On a vu sur toute la ville, le Loop, le nord et le sud. Il fait moins de zéro avec le vent qui vient du lac, mais je ne suis pas mécontent d'être venu. D'autant plus que l'intérieur vaut le déplacement lui aussi : 15 000 restaurants qui sentent la saucisse, des boutiques, des spectacles..) Disney sans les manèges ! A ce niveau la je préfère Brighton et ses piers, mais ne soyons pas trop critiques !

Comme si je n'avais pas assez marché, je retourne a pied, dans le coin de la Hancock Tower ou se trouve la Cheesecake Factory, ou le paradis du cheesecake ! Je ne suis pas le seul a avoir eu cette idée, puisque des dizaines de personnes attendent une table. Après 15 minutes je me trouve une chaise, et c'est le bonheur : il fait chaud, je peux m'assoir, manger, et lire mon livre. J'y resterai 2h !

De retour a l'auberge, j'ai juste assez d'énergie pour jouer au billard et manger quelques chips. Bonne nouvelle de la journée : le chauffage dans notre chambre remarche !

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