Apres une bonne nuit de sommeil bien méritée et pour affronter le froid de Chicago pour sa dernière demie journée, quoi de mieux qu'un petit dej a Chinatown? Car oui, il y a aussi un Chinatown a Chicago! Un peu au sud, et pas très grand, mais dont la grande arche en forme de pagode a l'entrée indique qu'on entre dans la partie chinoise de la ville. Je n'ai jamais pris de peut dej, ou disons de brunch chinois, alors c'est l'occasion de me ré-initier aux baguettes.
Au menu, du thé de chrysanthèmes, des crevettes enroulées dans une espèce de pâte fine et des légumes fris dans de la pâte qui ressemble a de la pomme de terre. Très bon, même pour un petit dej ! Je galère un peu avec les baguettes, comme je l'ai toujours fait par le passé, et admire ceux qui arrivent a les manier. J'apprends aussi, grâce a Patrick et son colloc comment dire merci de façon discrète quand on nous sert de thé : en tapotant avec un doigt sur la table quand on est célibataire, avec deux doigts quand on est en couple, et avec le poing quand on est en famille. Pourquoi ? Voici la petite histoire : un jour (je ne me rappelle plus quand), un empereur chinois visita le sud de la China incognito, accompagné de ses conseillers et ministres. Alors qu'il entra dans une auberge, il découvrir une théière dont la partie pour verser était si longue qu'on pouvait servir tous les clients de l'auberge en restant a sa place. L'empereur s'en amusa et se mis a servir ses ministres et conseillers. Or, quand l'empereur te fait une faveur, il faut t'incliner pour l'en remercier (il parait..). Mais qui dit visite incognito dit pas de signe ostentatoire. D'où le tapotement discret de doigts sur la table. Pas mal hein ?
En dehors des restos ou les gens parlent chinois et des crêpes a la crevette, Chinatown est plutôt petit et on ne s'y aventurerait pas pendant des heures. Rien de tel que le Loop pour passer ses dernières heures dans la ville. Je n'ai pas vu la Buckingham Fountain, il faudrait peut être y aller avant de repartir. Direction donc le parc qui l'entoure, qui est bizarrement animé aujourd'hui. Plein de militaires, de fanfares, et de chars. Puis j'arrive sur Columbus Avenue qui est fermée. Je comprends enfin ce qu'il se passe : on est le 12, jour du Columbus Day (celui qui commémore Christophe Colomb). Et très logiquement le jour de Columbus Day est organisée la grande parade annuelle des italiens de Chicago. D'où les chars, les majorettes, et la musique. Toute la communautés italienne de Chicago est la : les sénateurs et les représentants qui défiles sur des énormes chars, les associations, les clubs de musique, les italiens de la police, de l'armée.. Des kilomètres et des kilomètres de défilé sans interruption.
Qui dit défile dit aussi l'occasion pour tous ceux qui ont une cause a défendre, de faire signer des pétitions de long des barrières. J'ai été abordé 13 fois au total. Les démocrates qui veulent être réélus, les républicains qui en ont marre de la corruption des démocrates, le candidat au poste de gouverneur, etc. J'ai même eu droit a une poignée de main du candidat a la succession de siège de Barack Obama au Senat. Il m'a tenu la jambe pendant 5 minutes et je n'ai pas réussi a en caser une, même pas que je n'étais pas américain et que donc, ça me faisait une belle jambe qu'il essaye de récupérer la voix.
Puis comme il se fait tard, et encore très froid (29 aujourd'hui, soit moins 3 degrés Celsius), je reprends le chemin de l'aéroport, a mon grand regret. Chicago aua été une révélation, une ville qui vit et a une âme. Barack Obama a du avoir un temps d'acclimatation en passant d'ici a DC (d'ici a DC, elle est bien bonne!). Si j'ai l'occasion d'y revenir, j'y cours !
Je refais donc la route dans l'autre sens, sans encombres jusqu'à Detroit, ou malheureusement, l'avion a 15 minutes de retard, et ou j'avais 30 minutes pour la connection. A priori je me dis que ça va, si le vol pour Reagan est dans le même terminal. Sauf que non ! Il n'est pas dans le même terminal, mais a l'autre bout de l'aéroport (le deuxième plus grand des Etats-Unis je vous rappelle!). Je n'ai pas le choix, il faut que je coure. Je pousse les gens sur les tapis roulants, slalom entre les charriots, traverse le terminal C, le terminal B et le terminal A. J'ai les jambes qui vont lâcher mais si je veux rentrer a Washington je n'ai pas le choix. Quand j'arrive a la porte A71, il y a encore la queue devant. Je crois que c’est bon signe, mais en réalité les gens attendent pour le vol d'après. Du coup je fonce au guichet, le gars scanne mon ticket avec un air qui veut dire "et ben on attendait plus que vous!", et je cours dans le couloir qui mène a l'avion. J'entre tout essoufflé dans la cabine, ou tout le monde est déjà assis et le regarde en se disant que j'aurais ou arriver un peu plus tôt.
C'est mon jour de chance, l'avion a 10 minutes de retard. Ceci dit le motif du retard n'est pas très rassurant : le pilote explique qu'on a un problème de gouverne, et que ça peut devenir grave une fois en l'air. Cool ! Mais comme en dehors des tours de plus de 100 mètres, mon deuxième challenge personnel est de ne pas avoir peur en avion, je reste zen et mes mains ne deviennent pas moites. Si si, c'est vrai ! Je profite du retard pour noter tout ce qu'il faudra que je raconte ici même en rentrant, sans rien oublier.
Puis on décolle, et en 1h40 de vol on arrive a Washington, retour a la case départ. C'est Columbus Day, la ville est a moitié éteinte, mais il fait presque chaud comparé a Chicago (n'exagérons rien, chaud c'est 15 degrés !), youpi !
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