Bon, j’ai fini par franchir le pas, et par aller chez le coiffeur. D’abord parce que c’est samedi, et que c’est le meilleur jour de la semaine pour ça, et surtout parce que les événements de la semaine prochaine font que je n’aurai vraisemblablement pas le temps d’y aller. Je pars donc d’un pas décidé samedi matin, vers Wisconsin Avenue, où j’ai repéré un petit Barber Shop qui coupe les cheveux pour 17$. Pas cher, surtout à Georgetown, ou tout coute 20% plus cher que dans le reste de la ville.
Le salon est typique : des gros fauteuils, de grosses tondeuses, et un petit chinois fort sympathique. Je tremble un peu quand il s’attaque à mes cheveux avec sa tondeuse, mais je n’ai pas le choix, et c’est un peu pour ça que je suis là. Tout ce que j’ai à faire c’est attendre, et espérer qu’il m’a bien compris quand je lui ai dit « pas trop court ». C’est toujours la même impression quand on est chez le coiffeur : un mélange de stress et d’attente. En gros c’est quitte ou double : soit on sort soulagé avec une coupe réussie, soit on sort déprimé avec une coupe raté. Généralement au premier coup de ciseau, on est encore incertain, dubitatif, et peu rassuré. Ce que je suis, pour tout dire. En général, j’utilise une méthode qui horripile les coiffeurs, mais qui se révèle souvent payante : la méthode du petit à petit. J’en demande un peu, puis un peu plus, et encore un peu plus, pour éviter que le coiffeur se sente pousser des ailes dès le premier coup de tondeuse, et me fasse la boule à zéro. Ca l’énerve le petit chinois, mais au moins je sors avec une coupe qui ressemble à quelque chose, ni trop court, ni trop long, juste bien ! Et ceux qui me connaissent savent que ça me change la vie !
Je suis donc plus léger, au sens propre comme au sens figuré, j’ai déjà fait une bonne partie de mon programme du week-end. Le reste, c’est faire les courses. Brendan (le proprio) qui est très sympa, m’a proposé de m’emmener en voiture chez Safeway, le supermarché du coin. Ma liste en main, je cours dans les rayons ou je ne repère absolument rien. Mais du coup j’en profite pour prendre tout ce qui est lourd, et volumineux. 3 packs de Coca (2 pour le prix d’un, autant en profiter), des litres de jus d’orange, des kilos de pates… Et grande décision : je prends la carte Safeway, qui veut dire que je suis enfin un vrai Américain, et que je vais pouvoir arrêter de tout payer 2 fois plus cher.
Faire ses courses, je l’ai déjà dit, permet de se rendre compte d’énormément de choses sur la société américaine. Le « low fat » est partout, dans les céréales, dans les pâtes et même dans le beurre (du beurre sans matière grasse, mais bien sur !). 15 catégories de lait, autant pour la viande. Je suis sur qu’ils arrivent à en faire sans protéines ! Ce qui est dingue aussi, c’est la taille des emballages. Je me répète, mais c’est franchement incroyable. Explication de Brendan : les américains ne font leurs courses « que » quelques fois par semaine, donc ils achètent en grandes quantités. Mouais… Toujours est-il que je ressors avec 15 000 sacs plastiques (ca aussi ça change), que la caissière ne me laisse pas remettre moi-même dans le charriot. Et une réduc de 25 $ ! Vive la carte Safeway..
La journée ne s’arrête pas là, car ce soir je suis invité chez Kristijian (que j’avais rencontré à la « swimming pool party » du temps ou j’étais encore un petit nouveau. Kristijan n’habite pas la porte à coté : Adams Morgan, ou j’étais jeudi soir. Comme je suis un peu fou, et que j’ai surtout peur qu’il n’y ait pas de bus pour rentrer, j’y vais à pied. 7 petits kilomètres, entre Georgetown et Adams Morgan. Il ne pleut pas à l’aller, ca ne sera pas pareil au retour !
Le point positif c’est que ca m’a permis de découvrir un quartier que je ne connaissais pas, et qui franchement, vaut le déplacement. Florida Avenue, entre Dupont Circle et Adams Morgan est un endroit particulièrement agréable : luxueux, mais très agréables. C’est assez résidentiel, avec plein d’appartements anciens et des petits parcs, des portiers et des voituriers. Un Knightsbridge sans les Bentley ou les Rolls, avec des restaurants très chics et des bars en plus. Un quartier paisiblement animé, comme beaucoup d’autres à Washington en fait. En tous cas je ne fais pas tache avec ma veste londonienne des 70’s, ça fait plaisir !
L’appartement, ou plutôt le loft de Kritijian est génial. Perché en haut d’un immeuble, très haut, volumineux. Une petite terrasse qui peut accueillir 20 personnes permet d’avoir une vue sur tout le quartier. Je revois des gens que je n’avais pas vu, pour la plupart, depuis longtemps. Et je passe toute la soirée avec des belges, Aart qui s’en va travailler au ministère des affaires étrangères à Bruxelles, et Laura, qui est à John Hopkins comme la plupart des gens de ce soir. L’occasion de se remémorer le temps où il y avait encore une frontière et ou les français faisaient la queue pour aller acheter du chocolat et de l’essence. Le bon vieux temps !
Des gens brillants, pour la plupart, et vraiment très sympa. Qui me poussent à rester même si j’ai une heure de marche à pied devant moi, et que demain à 9h je dois être sur le pied de guerre. Finalement le retour ne sera pas si dur que ca, et un peu plus rapide que prévu. Florida Avenue, Connecticut et Massachussetts, puis Q street jusque Reservoir. Bien sur, parce que c’était trop beau, il s’est mis à pleuvoir dès que je me suis mis en route, une petite bruine très désagréable qui aura, j’espère, disparu demain. Et évidement, j’ai mis des chaussures qui glissent !
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