mardi 29 septembre 2009

Magnificient (29/09/09)

A journée exceptionnelle, titre exceptionnel. Et quelle journée ! Certainement la meilleure du mois de septembre, voire la meilleure depuis le 21 juillet !


Tout commence à 14h, lorsqu’on se met en route vers le FedexField Center, le stade de football américain de Washington où se déroule ce soir le concert de U2 (voila pourquoi..). Avant de partir, on a pris soin de se graver No Line on The Horizon pour pouvoir chanter Breathe à tue-tête dans la voiture, et aussi le nouveau de Muse, qui fait la première partie. Un moment d’excitation intense, un jour qu’on attend depuis plus d’un mois et qui est enfin arrivé !

J’ai beau en être à mon troisième concert de U2, je ne tiens tout de même pas en place, c’est toujours la même chose. Je me revoie rentrer dans le stade de France, face à cette scène immense, colossale, gigantesque, de 50 mètres de haut et qui est plantée au milieu de la pelouse comme une soucoupe volante. Je me revoie attendre sur mon siège que Bono entre sur scène, et mette le feu à 90 000 personnes pendant deux heures. Je me revoie aussi faire la queue pendant 6h à la Fnac alors qu’en fait il était tout aussi efficace de patienter…sur internet (n'est ce pas Marine?) Je me revoie surtout attendre 1h15 devant un stand pour m’entendre dire qu’il ne reste plus que des TShirt en XL.


C’est décidé, aujourd’hui j’en aurai un ! C est d’ailleurs en partie pour ça qu’on décolle à 14h alors que le concert est à 19h30. On n’est jamais trop prudent ! Ca nous laisse le temps de nous chauffer la voie, à défaut de nous chauffer tout court (il fait froid aujourd’hui !), et de trainer un peu sur le parking où l’ambiance est particulière : a peu près tout le monde est assis autours de sa voiture, avec des packs de bière et des petits barbecues portables. Tous les auto-radios braillent la même chose, devinez quoi ! C’est un défilé de TShirts, dont les plus anciens remontent aux années 80 (dont les T Shirts collectors de la tournée War) et les plus récents n’ont que quelques semaines (et ont vraisemblablement traversé l’Atlantique). Ambiance surréaliste, au pied du FedexField Center, un stade absolument énorme, et surtout très haut. Officiellement, il peut contenir 91 000 personnes, mais 110 000 sont attendues ce soir. Ce sera donc mon plus grand concert, dans tous les sens du terme.


16h : on commence à faire la queue pour rentrer, sans savoir trop par quelle porte entrer (et pour cause, il y en a 26). Le problème c’est qu’on est séparés en deux : un groupe dans la fosse, et l’autre (dont moi), dans les gradins. On aura donc des photos sous tous les angles ! Après une heure d’attente, dans une file qui doit compter à peu près 4000 personnes, je me rend compte que je n’ai pas besoin d’attendre et que je peux aller directement retrouver ma place. Une fouille, un regard, et j’entre enfin dans les dédales du FedexField. J’en profite pour me précipiter vers une boutique pour acheter le T Shirt dont je r

eve depuis des mois. Ils sont moins chers qu’en France, et en plus il y a toutes les tailles ! Un S me conviendra largement. Un magnifique T Shirt avec les dates de la tournée aux Etats-Unis dans le dos, et un énorme « U2 360 » de face. A peine acheté, je l’enfile, et part à la recherche de la tribune 433 (c’est dire le nombre de tribunes).


La tribune 433 est à peu près au dernier étage du stade, et surplombe la scène. La vue est carrément à couper le souffle : la scène est plantée là telle une griffe (d’où son nom, « the Claw »). C’est une énorme structure dotée d’un écran sur 360 degrés, de deux scènes circulaires reliées entre elles par des passerelles qui tournent (enfin moi je sais qu’elles tournent). Je sais aussi que l’espèce de fusée orange au dessus de la structure s’allume et qu’une boule à facettes au sommet, illumine tout le stade.


Pour garder le suspens, je ne raconte rien. D’un côté, j’ai beau savoir tout ça, être un initié, j’ai aussi hâte que tout le monde que le stade s’éteigne et que U2 décolle. Pour le moment, on est tellement en surplomb de la scène que j’en aurais presque le vertige et que je me garde bien de m’approcher du bord. J’attends tranquillement sur mon siège, en admirant mon t shirt et en lançant des paris sur la première chanson avec mes voisins. Je penche pour Breathe, les autres sur No Line On the Horizon, voire Get on Your Boots. Les paris sont ouverts. On s

’inquiète aussi du peu de monde dans le stade sur les coups de 18h. Le concert est censé commencer dans une heure, et le stade est aux deux tiers vides. Hum hum..


19h30, toujours un tiers du stade est vide. D’un coup, tout s’éteint, un écran s’allume et Chostakovitch retentit dans le FedexField Center. C’est la folie, au moins 60 000 personnes se mettent à hurler quand « MUSE » apparait sur les écrans. Et Muse monte sur scène, pour jouer en ouverture, Knights of Cydonia qui n’est pas loin d’être ma préférée du moment. 10 chansons enchainées à la suite, parmi lesquelles Time is Running Out, Plug in Baby ou Black Holes and Revelation. L’ambiance est à son comble, le stade est illuminé dans tous les sens, à coup de spots, de lasers et de tout ce qu’on peut imaginer d’autre.


Puis les lumières se rallument, fin de la première partie. De quoi se rendre compte que le stade est plein, plein à craquer et que vraisemblablement, les 110 000 personnes ont finies par arriver. La fosse est pleine, les tribunes sont pleines. Pleines de gens qui attendent que les techniciens finissent les derniers réglages et que le concert de l’année commence.


21h : David Bowie retentit. C’est la musique d’intro, pour finir de chauffer la salle. Je ne m’en rappelais même plus ! La tension monte, les lumières s’éteignent de plus en plus, et Larry (le batteur) arrive sur scène. Ce sera donc Breathe, et la petite intro à la batterie. J’ai gagné mon pari ! Et c’est parti pour deux heures de folie, Breathe, Magnificient et Get on You Boots enchainées, puis Mysterious Ways qui se retrouve maintenant au début des concerts.


Puis Bono fait la présentation du groupe. On est à Washington, ville politique par excellence, il présente donc les 4 membres de manière…politique. Larry Mullen Junior est le rédacteur de la Constitution, puisque c’est lui qui a posté une petite annonce disant qu’il cherchait des amis pour monter un groupe de rock, il y a 33 ans. Adam Clayon se retrouve ministre de la culture. Pour sa classe certainement. The Edge, lui, est carrément Président. Le stade approuve. Ça enchaine sur I Still Haven’t Found What I’m Looking For, presque a capella et avec le public (c’est à ce moment généralement, que les « plus vieux » se réveillent). Suivi d’Elevation, qui met tout le stade debout. Personne ne se réasseyera jusque 23h ! Première surprise : No Line On The Horizon n’est pas jouée au début. Elle ne sera pas jouée du tout, et ce sera la première fois depuis le début de la tournée à Barcelone en juin. Deuxième surprise : une version acoustique et que personne ne reconnait au début, de Stuck In a Moment. Mais c’est efficace ! Puis une série de classiques : Beautiful Day, New Year’s Day, Unforgettable Fire. Pas de liaison avec la station spatiale cette fois. A la place, Bono fait tout le tour de la scène avec un petit garçon dont c’est l’anniversaire. Enfoiré !


Vertigo début la deuxième partie du concert, à grand renfort de lumières, de fumées, et de l’écran qui de déplie pour former un espèce de cône. Walk On est toujours dédiée à Aung San Su Kyi (je n’ai aucune idée de comment ça s’écrit), et Bono se pointe toujours avec une veste à néon à la dernière reprise. Seul problème : quand il balance son micro suspendu et qu’il ne le rattrape pas à temps, ce qui fait bien rire tout le stade. A noter aussi que Bono a fait monter un sikh sur scène, qui a poussé la chansonnette pendant Sunday Bloody Sunday, le tout en agitant un drapeau américain.


La boule à facettes géante se met en route pour les deux dernières chansons, pour une fin en beauté : With or Without You, et une magnifique version de Moment of Surrender qui clôture le concert. Bizarrement, je n’ai plus froid, mais j’ai les yeux qui brillent quand même. Le concert était presque mieux que celui à Paris. En tous cas c’est sur, il était magique.

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